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Page:Tolstoï - L’Esprit chrétien et le patriotisme.djvu/182

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force toute-puissante qui lui était donnée pour le combat. C’est comme si un homme, à qui l’on aurait donné un couteau si bien affilé qu’il coupe tout, s’amusait, avec le tranchant de la lame, à enfoncer des clous.

Nous pleurons tous sur l’ordre social qui est mal établi et en contradiction avec tout notre être ; or, non seulement nous n’usons pas de la seule arme toute-puissante qui soit en notre pouvoir : la conscience et la confession de la vérité ; mais, au contraire, sous prétexte de combattre le mal, nous détruisons cette arme et la sacrifions à un combat supposé contre cet ordre social.

L’un ne dit pas la vérité qu’il sent, parce qu’il se croit obligé à quelque retenue vis-à-vis des gens avec lesquels il est lié ; l’autre, parce que la vérité pourrait lui faire