Ouvrir le menu principal

Page:Tolstoï - L’Esprit chrétien et le patriotisme.djvu/129

Cette page a été validée par deux contributeurs.


ses propres concitoyens ; c’est le cas, par exemple, pour les ouvriers qui dépendent des étrangers qui leur fournissent du travail, pour les commerçants, et surtout pour les savants et les artistes.

En outre, les conditions mêmes de la vie se sont si profondément modifiées que la chose que nous nommons patrie et que nous devons, dit-on, distinguer de tout le reste, a cessé d’être un tout bien déterminé comme c’était le cas chez les Anciens, chez qui les citoyens d’une même patrie appartenaient à une même race, avaient le même Gouvernement et la même croyance. On comprend le patriotisme des Égyptiens, des Juifs, des Grecs, car, en défendant leur patrie, ils défendaient aussi leur foi, leur race, leur foyer et leur Gouvernement.