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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/550

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éviter, dit Ivan en ce moment, touchant les rênes que tenait son maître.

— Fais-moi le plaisir de me laisser tranquille et de ne pas me donner de leçons, » répondit Levine agacé comme il l’était dès qu’on se mêlait de ses affaires ; et aussitôt il comprit que son nouvel état moral n’exerçait aucune influence sur son caractère. »

Un peu avant d’arriver, il aperçut Grisha et Tania courant au-devant de lui.

« Oncle Kostia ! maman, grand-papa, Serge Ivanitch et encore quelqu’un viennent à votre rencontre.

— Qui est ce quelqu’un ?

— Un monsieur affreux, qui fait de grands gestes avec les bras, comme cela, dit Tania, imitant Katavasof.

— Est-il vieux ou jeune ? demanda Levine en riant ; – pourvu que ce ne soit pas un fâcheux ! » pensa-t-il.

Au tournant du chemin il reconnut Katavasof, marchant en tête des autres, et agitant les bras ainsi que l’avait remarqué Tania.

Katavasof aimait à parler philosophie de son point de vue de naturaliste, et Levine avait souvent discuté avec lui à Moscou en laissant parfois à son adversaire l’illusion de l’avoir convaincu. Une de ces discussions lui revint à la mémoire, et il se promit de ne plus exprimer légèrement ses pensées. Il s’informa de sa femme lorsqu’il eut rejoint ses hôtes.

« Elle s’est installée dans le bois avec Mitia,