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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/494

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Elle vint ensuite s’habiller et, le chapeau sur la tête, s’arrêta devant Annouchka, dont les petits yeux gris témoignaient une vive sympathie.

« Annouchka ! ma chère ! que devenir ? murmura-t-elle en se laissant tomber sur un fauteuil avec un sanglot.

— Il ne faut pas vous agiter ainsi, Anna Arcadievna ; faites un tour de promenade, cela vous distraira ; ces choses-là arrivent.

— Oui, je vais sortir ; si en mon absence on apportait une dépêche, tu l’enverrais chez Doria Alexandrovna, dit-elle cherchant à se maîtriser, ou plutôt non, je rentrerai. »

« Je dois m’abstenir de toute réflexion, m’occuper, sortir, quitter cette maison surtout », pensa-t-elle écoutant avec frayeur les battements précipités de son cœur ; et elle monta vivement en calèche.

« Chez la princesse Oblonsky ! » dit-elle au cocher.


CHAPITRE XXVIII


Le temps était clair ; une pluie fine tombée dans la matinée faisait encore étinceler au soleil de mai les toits des maisons, les dalles des trottoirs et les cuirs des équipages. Il était trois heures, le moment le plus animé de la journée.

Anna, doucement bercée par la calèche qu’en-