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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/421

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— C’est mon meilleur, mon plus cher ami, dit-il en s’adressant à Wronsky, et, comme toi aussi tu m’es cher, je voudrais vous rapprocher et vous voir amis ; vous êtes dignes de l’être.

— Il ne nous reste qu’à nous embrasser, répondit Wronsky gaiement, offrant à Levine une main que celui-ci serra avec cordialité.

— Enchanté, enchanté !

— Du champagne, cria Oblonsky à un domestique.

— Je le suis également, dit Wronsky ; — cependant malgré cette mutuelle satisfaction ils ne surent que dire.

— Tu sais qu’il ne connaît pas Anna, fit remarquer Oblonsky, et je veux le lui présenter.

— Elle en sera ravie, répondit Wronsky ; je vous aurais priés de partir immédiatement, mais je suis inquiet de Yavshine et je veux le surveiller.

— Il est en train de perdre ?

— Tout ce qu’il possède ; moi seul ai quelque influence sur lui, dit Wronsky. » Et au bout d’un moment il les quitta pour rejoindre son ami.

« Pourquoi n’irions-nous pas chez Anna sans lui ? dit Oblonsky en prenant Levine par le bras quand ils furent seuls. Il y a longtemps que je lui promets de t’amener. Que fais-tu ce soir ?

— Rien de particulier ; allons-y, si tu le désires.

— Parfait. Fais avancer ma voiture », dit Oblonsky en s’adressant à un laquais.

Et les deux hommes quittèrent le billard.