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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/411

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la mémoire, mais il me faut refaire mes études. Vous en riez ?

— Bien au contraire, vous me servez d’exemple pour l’avenir, et j’apprends en vous voyant avec vos enfants comment il me faudra remplir mes devoirs envers les miens.

— Oh ! l’exemple n’a rien de remarquable.

— Si fait, car jamais je n’ai vu d’enfants mieux élevés que les vôtres. »

Lvof ne dissimula pas un sourire de satisfaction. En ce moment la belle Mme Lvof, en toilette de promenade, les interrompit.

« Je ne vous savais pas ici, dit-elle à Levine ; comment va Kitty ? Vous savez que je dîne avec elle aujourd’hui ? »

Les plans de la journée furent discutés entre les époux, et Levine s’offrit pour accompagner sa belle-sœur au concert. Au moment de partir il se rappela la commission de Kitty au sujet de Stiva.

« Oui, je sais, dit Lvof, maman veut que nous lui fassions de la morale, mais que puis-je lui dire ?

— Eh bien, je m’en charge », s’écria Levine en souriant, et il courut rejoindre sa belle-sœur, qui l’attendait au bas de l’escalier, enveloppée de ses fourrures blanches.


CHAPITRE V


On exécutait ce jour-là deux œuvres nouvelles à la matinée musicale qui se donnait dans la salle de