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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/409

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— C’est une ébauche indigne d’être produite, mais je vous accompagnerai volontiers. »

Quand ils arrivèrent à l’Université, la séance était déjà commencée ; six personnes entouraient une table couverte d’un tapis, et l’une d’elles faisait une lecture ; Katavasof et Métrof prirent place autour de la table ; Levine s’assit auprès d’un étudiant et lui demanda à voix basse ce qu’on lisait.

« La biographie. »

Levine écouta machinalement la biographie, et apprit diverses particularités intéressantes sur la vie du savant dont on fêtait le souvenir. Après ce morceau vint une pièce de vers, puis Katavasof lut d’une voix puissante une notice sur les travaux de Swintitch. Après cette lecture, Levine, voyant l’heure avancer, s’excusa auprès de Métrof de ne pouvoir passer chez lui et s’esquiva ; il avait eu le temps, pendant la séance, de réfléchir à l’inutilité d’un rapprochement avec l’économiste pétersbourgeois ; s’ils étaient destinés l’un et l’autre à travailler avec fruit, ce ne pouvait être qu’en poursuivant leurs études chacun de son côté.


CHAPITRE IV


Lvof, le mari de Nathalie, chez lequel Levine se rendit en quittant l’Université, venait de se fixer à Moscou pour y surveiller l’éducation de ses jeunes fils ; lui-même avait fait ses études à l’étranger, et avait passé sa vie dans les principales capitales de l’Europe, où l’appelaient des fonctions diploma-