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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/343

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calèche, et, poussant un cri de joie, elle mit son cob au galop, sauta légèrement de cheval sans l’aide de personne, en voyant Dolly descendre, et, ramassant sa jupe, courut au-devant d’elle.

« Dolly ! quel bonheur inespéré ! dit-elle embrassant la voyageuse et la regardant avec un sourire reconnaissant. Tu ne saurais croire le bien que tu me fais ! Alexis, dit-elle se tournant vers le comte, qui, lui aussi, avait mis pied à terre : quel bonheur ! »

Wronsky souleva son chapeau gris et s’approcha.

« Votre visite nous rend bien heureux », dit-il avec un accent particulier de satisfaction.

Vassinka agita son béret sans quitter sa monture.

« C’est la princesse Barbe, fit Anna, répondant à un regard interrogateur de Dolly en voyant approcher le tilbury.

— Ah ! » répondit celle-ci, dont le visage exprima involontairement un certain mécontentement.

La princesse Barbe, une tante de son mari, ne jouissait pas de la considération de sa famille ; son amour du luxe l’avait mise sous la dépendance humiliante de parents riches, et c’était à cause de la fortune de Wronsky qu’elle s’était maintenant accrochée à Anna. Celle-ci remarqua la désapprobation de Dolly et rougit en trébuchant sur son amazone.

L’échange de politesses entre Daria Alexandrovna et la princesse fut assez froid ; Swiagesky s’informa de son ami Levine, l’original, et de sa