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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/322

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conde les yeux pour les voir éclairés par la lune dans l’entrebâillement de la porte.

« Demain avec l’aurore, messieurs », leur dit-il, et il se rendormit.


CHAPITRE XII


Le lendemain, il fut impossible de réveiller Vassia, couché sur le ventre et dormant à poings fermés ; Oblonsky refusa également de se lever, et Laska elle-même, blottie en rond dans le foin, étira paresseusement ses pattes de derrière avant de se décider à suivre son maître. Levine se chaussa, prit son fusil et sortit avec précaution. Les cochers dormaient près des voitures, les chevaux sommeillaient ; il faisait à peine jour.

« Pourquoi vous lever si matin, petit père ? demanda une vieille femme en sortant de l’izba et l’accostant amicalement comme une bonne connaissance.

— Je vais à la chasse ; par où faut-il passer pour gagner le marais ?

— Suis le sentier derrière nos granges », dit la vieille femme, et elle le conduisit elle-même pour le mettre en bon chemin.

Laska courait devant, et Levine la suivit allègrement, interrogeant le ciel et comptant atteindre le marais avant que le soleil fût levé. La lune, visible encore quand il avait quitté la grange, s’effaçait peu à peu ; l’étoile du matin se distinguait à peine, et