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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/271

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— Enchanté, — répondit Yavshine avec un sourire qui prouva à Wronsky qu’Anna lui plaisait beaucoup. Yavshine prit congé et sortit, Wronsky resta en arrière.

— Tu pars aussi ? lui demanda-t-elle.

— Je suis déjà en retard. — Va toujours, je te rejoins », cria-t-il à son ami.

Elle lui prit la main et, sans le quitter des yeux, chercha ce qu’elle pourrait bien dire pour le retenir.

« Attends, j’ai quelque chose à te demander, et pressant la main de Wronsky contre sa joue. Je n’ai pas eu tort de l’inviter à dîner ?

— Tu as très bien fait, répondit-il avec un sourire tranquille.

— Alexis, tu n’as pas changé pour moi ? demanda-t-elle en lui serrant la main entre les siennes. Alexis, je n’en puis plus ici. Quand partons-nous ?

— Bientôt, bientôt : tu n’imagines pas combien à moi aussi la vie me pèse, – et il retira sa main.

— Eh bien, va, va ! » dit-elle d’un ton blessé et elle s’éloigna précipitamment.


CHAPITRE XXXII


Quand Wronsky rentra à l’hôtel, Anna n’y était pas ; on lui dit qu’elle était sortie avec une dame ; cette façon de s’absenter sans dire où elle allait, jointe à l’air agité, au ton dur dont elle lui avait retiré les photographies de son fils devant Yavshine, fit réfléchir Wronsky. Il se décida à lui demander