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Page:Tolstoï - Anna Karénine, 1910, tome 2.djvu/201

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nous connaître, dit-elle. Pensiez-vous alors que je deviendrais votre sœur ?

— Vous ne m’auriez pas reconnu, n’est-ce pas ? — dit-il ; son visage s’était illuminé d’un sourire en la voyant entrer.

— Oh que si ! comme vous avez eu raison de nous appeler ! il ne se passait pas de jour que Kostia ne se souvînt de vous, et ne s’inquiétât d’être sans nouvelles. »

L’animation du malade dura peu. Kitty n’avait pas fini de parler, que l’expression de reproche sévère du mourant pour celui qui se porte bien reparut sur son visage.

« Je crains que vous ne soyez bien mal ici, continua la jeune femme, évitant le regard fixé sur elle, pour examiner la pièce. — Il faudra demander une autre chambre et nous rapprocher de lui », dit-elle à son mari.


CHAPITRE XVIII


Levine ne pouvait rester calme en présence de son frère, mais les détails de l’affreuse situation à laquelle il ne voyait pas de remède échappaient à ses yeux et à son attention troublée.

Frappé de la saleté de la chambre, du désordre et du mauvais air qui y régnaient, des gémissements du malade, l’idée ne lui venait pas qu’il pût s’enquérir de la façon dont ses pauvres membres étaient couchés, sous la couverture, de chercher à le soulager