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vivre ? se demanda-t-il tout à coup. Mais comment cela serait-il possible puisque j’ai toujours fait ce que je croyais être mon devoir ? » se répondit-il. Et aussitôt il chercha à repousser par cet argument l’énigme de la vie et de la mort, comme quelque chose d’absolument impossible.

« Que veux-tu, maintenant ? Vivre ? Vivre comme tu as vécu étant juge lorsque l’huissier annonçait : La Cour ! La Cour ! » se répéta-t-il. « La voilà, la Cour ! Mais je ne suis pas coupable, s’écria-t-il avec colère. Pourquoi ? »

Il cessa de pleurer, tourna son visage vers le mur, l’esprit obsédé par cette unique pensée : Pourquoi, pourquoi tant d’horreur ?

Mais il avait beau y réfléchir, il ne trouvait aucune réponse. Et quand l’idée qu’il n’avait pas vécu comme on doit vivre se dressait devant lui, il chassait cette idée bizarre en se rappelant aussitôt la parfaite correction de sa vie.