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cette maladie n’était qu’un nouveau moyen choisi par son mari pour lui gâter l’existence. Ivan Ilitch sentait la sincérité de cette conviction, et il ne s’en portait pas mieux.

Au tribunal il lui semblait aussi que la façon d’être à son égard avait changé ; tantôt on le considérait comme un homme dont la place sera bientôt vacante, tantôt on le raillait de son hypocondrie, comme si cette chose épouvantable, inattendue, qui lui rongeait les entrailles et l’entraînait irrésistiblement, n’était qu’un agréable sujet de raillerie. C’était surtout Schwartz avec sa gaieté, son exubérance, ses manières d’homme comme il faut, qui lui rappelaient ce qu’il était lui-même dix années auparavant, qui l’irritait particulièrement.

Des amis se réunissent pour une partie de cartes. On s’assoit, on donne les cartes. Les carreaux sont dans la même main, il y en a sept. Son partenaire annonce sans atout et soutient deux carreaux. Que faut-il de plus pour se sentir d’humeur joyeuse ?… Schelem !… Mais soudain, Ivan Ilitch est repris par sa douleur, par ce goût dans la bouche, et il lui paraît bien puéril de se réjouir de ce schelem. Il regarde Mikhaïl Mikhailovitch son partenaire, il le voit qui frappe la table de sa main d’homme sanguin et lui abandonne d’un air d’amabilité et de condescendance le plaisir de prendre les levées ; il pousse même les cartes vers Ivan