Page:Tolstoï - Œuvres complètes vol27.djvu/404

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


chemin au voyageur, il y a aussi deux moyens de direction morale pour l’homme qui cherche la vérité. L’un consiste à signaler à l’homme les objets qu’il rencontrera et qui lui permettront de se diriger. L’autre à donner à l’homme la direction par la boussole qu’il porte avec soi et sur laquelle il voit toujours une direction immuable.

Le premier moyen de direction morale est celui de la définition extérieure : on indique à l’homme les actes qu’il doit ou ne doit pas faire : « Souviens-toi du Sabbat ; circoncis-toi ; ne vole pas ; ne bois pas de boissons fermentées ; ne tue pas ; donne la dîme aux pauvres ; lave-toi et prie cinq fois par jour ; etc. » Telles sont les règles extérieures des doctrines religieuses des brahmes, des bouddhistes, des musulmans, des juifs, et de l’Église qu’on appelle faussement chrétienne.

L’autre consiste à indiquer à l’homme la perfection qu’il n’atteindra jamais mais dont il reconnaît en lui l’aspiration : on montre à l’homme l’idéal et il peut toujours voir combien il en est loin : « Aime Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta raison et ton prochain comme toi-même ; soyez parfaits comme notre Père du ciel ». Telle est la doctrine du Christ.

Le contrôle de l’accomplissement des doctrines extérieures religieuses, c’est la concordance des actes avec la définition de ces doctrines, et cette concordance est possible.