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Ma femme aimait ses enfants, et croyait facilement tout ce qu’on lui disait. De sorte que la présence des enfants non seulement n’améliorait pas notre vie mais l’empoisonnait. En outre, les enfants étaient pour nous un nouveau sujet de querelles. Dès leur naissance, et plus ils grandissaient, les enfants étaient précisément un sujet de discorde. Non seulement les enfants étaient un sujet de discorde, mais ils étaient des armes de lutte. Nous avions l’air de nous combattre mutuellement avec les enfants. Chacun de nous avait son préféré, son arme de lutte. Moi je combattais surtout par Vassia l’aîné ; elle, par Lise. De plus, quand les enfants commencèrent à grandir et que leur caractère se dessina, il arriva qu’ils devinrent des alliés que chacun de nous attirait de son côté. Eux, les pauvres, souffraient beaucoup de cela, mais dans notre lutte continuelle, nous n’avions pas le temps de penser à eux. La fillette était mon alliée ; l’aîné, le garcon, qui lui ressemblait beaucoup et qui était son préféré, souvent m’était haïssable.