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X

— Voilà donc comment j’ai été pris. J’étais ce qu’on appelle amoureux. Non seulement elle m’apparaissait comme un être parfait, mais durant le temps de mes fiançailles je me considérais aussi comme un être parfait. Il n’est pas de crapule au monde qui ne puisse trouver pire que soi, et, par conséquent, qui ne puisse s’enorgueillir et être content de soi. J’étais dans ce cas : je ne me mariais pas pour l’argent, l’intérêt était étranger à l’affaire tandis que la plupart de mes connaissances avaient fait des mariages d’intérêt, soit pour l’argent, soit pour les relations. Premièrement j’étais riche, elle était pauvre. Deuxièmement, j’étais fier surtout de ce que j’avais l’intention ferme de vivre, une fois marié, en monogame, alors que d’autres se mariaient avec l’intention de continuer leur vie polygame de célibataires ; et de