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s’en tenir à eux et les accroître. Quand on agit ainsi, la famille vit et même prospère. Non, poursuivit Pamphile, si j’avais des doutes en la vérité de l’enseignement du Christ, si j’hésitais à le mettre en pratique, tous ces doutes et ces hésitations disparaîtraient dès le moment que je réfléchirais au sort des enfants élevés dans le paganisme, dans les conditions où tu fus élevé et dans lesquelles, maintenant, tu élèves tes enfants. Quelques efforts que fassent les hommes pour que la vie soit agréable et confortable au moyen des palais, des esclaves, des objets importés de l’étranger, la vie de la masse du peuple restera telle qu’elle doit être. La seule subsistance pour lui se trouve dans l’amour des hommes et le travail. Nous voulons nous affranchir et affranchir nos enfants de ces conditions. Par la violence, et non par l’amour, nous forçons les hommes à nous servir, et, chose étrange, plus nous semblons nous enrichir, plus nous nous privons du seul appui véritable, l’amour. La même observation est vraie pour cet autre appui, le travail. Plus un homme évite le travail et s’accoutume au luxe, moins il est capable de travailler, et, par conséquent, il se prive de cette vraie et éternelle consolation. Et c’est en mettant leurs enfants dans de telles conditions d’oisiveté que les parents croient les garantir ! Envoie ton fils et le mien chercher une rue, transmettre un ordre, ou faire