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point les sciences et les arts comme un passe-temps bon à procurer des plaisirs aux gens oisifs ; nous exigeons de la science et de l’art la même chose que de toutes les occupations humaines ; qu’en eux se manifeste le même amour de Dieu et du prochain dont sont pénétrés les actes d’un chrétien. Nous ne reconnaissons comme sciences que ce qui aide les hommes à vivre mieux ; de même que nous n’apprécions comme art que ce qui purifie la pensée, élève l’âme et augmente les forces nécessaires à une vie de travail et d’amour. Nous ne laissons échapper aucune occasion de le développer en nous et en nos enfants, et volontiers nous nous y adonnons dans nos moments de loisirs. Nous lisons et étudions les écrits des sages qui ont vécu avant nous ; nous chantons des poésies, nous peignons des tableaux, et nos chants et nos tableaux encouragent notre esprit et nous consolent dans les moments de tristesse. Mais nous ne saurions approuver les applications que vous autres, païens, faites des sciences et des arts. Vos savants emploient leurs capacités et leur savoir à découvrir de nouveaux moyens de nuire aux autres : ils perfectionnent les engins de guerre, c’est-à-dire de meurtre ; ils inventent de nouveaux moyens de gagner de l’argent, c’est-à-dire de s’enrichir aux dépens des autres. Votre art est utilisé dans la construction et la décoration des temples en l’honneur des dieux auxquels les plus instruits d’entre