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malmena tous deux. Jules répondit d’une facon insolente. Son père le frappa. Jules leva la main sur lui. Le père appela ses esclaves qui, sur son ordre, lièrent et enfermèrent son fils. Resté seul, Jules se mit à maudire son père et sa vie. Sa propre mort ou celle de son père était pour lui l’unique issue de la situation dans laquelle il se trouvait.

La mère souffrait bien plus encore. Elle ne se demandait pas de quel côté étaient les torts. Elle n’avait que de la pitié pour son enfant chéri. Elle alla de nouveau trouver son mari et implora son pardon. Le mari resta sourd à ses prières et lui reprocha d’avoir gâté son fils. À son tour, elle s’emporta contre son mari, et celui-ci finit par frapper sa femme. Mais, sans faire attention aux coups, la mère courut trouver son fils et l’exhorta à demander pardon au père, à se soumettre à lui. En revanche elle lui promit de lui fournir l’argent dont il avait besoin, sans en rien dire au père. Le jeune homme consentit. Alors la mère se rendit près de son mari et lui demanda de pardonner à leur fils. Le père après avoir accablé longtemps sa femme et son fils de reproches, voulut bien accorder son pardon, à la condition que Jules abandonnerait sa vie déréglée et épouserait la fille d’un riche négociant dont il se chargeait d’obtenir le consentement.

— Je lui donnerai de l’argent, ajouta-t-il, et il aura la dot de sa femme. Qu’il commence alors à mener une vie régulière. À ces conditions je lui