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II

Le père de Jules était riche et aimait beaucoup son fils unique ; il était fier de lui et lui donnait largement l’argent dont il avait besoin. Jules vivait comme vivent la plupart des jeunes gens riches, dans l’oisiveté, le luxe, et les plaisirs de la débauche qui sont toujours les mêmes : le vin, le jeu, les femmes. Cependant ces plaisirs coûtant fort cher, bientôt Jules se trouva sans argent. Un jour, il demanda à son père plus que celui-ci lui donnait ordinairement. Le père donna mais en reprochant à son fils sa prodigalité. Le fils se sentait coupable, mais il ne voulut pas reconnaître ses torts, et il alla même jusqu’à répondre avec impertinence à son père, comme font toujours ceux qui reconnaissent qu’ils ont tort mais ne veulent pas l’avouer. Il eut bientôt dépensé l’argent qu’on lui avait donné, et par surcroît, quelques jours plus tard, dans une rixe