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cés ; d’autres le sont moins ; d’autres sont encore plus en arrière, mais nous marchons tous vers le même but. Les premiers sont déjà très près de la loi du Christ, de l’abnégation complète. Ils n’ont besoin de rien, n’ont aucun souci d’eux-mêmes, et, pour satisfaire à la loi du Christ, ils sont prêts à donner leur dernier vêtement. Les autres, plus faibles, ne peuvent sacrifier tout sans regret. Ils ont besoin d’être encouragés et soutenus. Ils ne peuvent supporter les vêtements et la nourriture ordinaires et ne donnent pas tout. Il y en a de plus faibles encore, ils n’ont fait que les premiers pas sur la route du bien. Ceux-ci continuent comme auparavant à se préoccuper du lendemain, à amasser, et ne donnent que de leur superflu. Ceux-ci viennent en aide à ceux qui sont en avant. En outre, par nos parents, nous avons des attaches avec le paganisme. L’un a un père païen, qui est propriétaire et donne de l’argent à son fils. Le fils dépense cet argent en aumônes, et le père envoie d’autre argent. Un autre a une mère païenne, qui a pitié de son fils, et lui donne aussi de l’argent. L’une est une mère chrétienne dont les enfants sont païens. Ceux-ci, pour assurer le bien-être de leur mère, lui donnent ce qu’ils peuvent en la conjurant de ne pas le distribuer aux autres. Elle accepte par affection pour eux mais néanmoins donne aux autres. Un quatrième cas est celui de la femme païenne ; un cinquième, c’est le mari qui est païen.