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qui détruisait toute sa doctrine : à savoir que les hommes sont libres, qu’ils doivent vivre comme les oiseaux du ciel, sans se soucier du lendemain, etc., ou bien qu’il ne faut pas payer le tribut à César, se montrant par là l’ennemi de César. Mais Christ répond : Ce qui est à César est à César ; ce qui est à Dieu est à Dieu. Il leur dit plus qu’ils n’attendaient de lui. Il a séparé en deux parties tout ce que possède l’homme : la partie humaine et la partie divine, et il a dit qu’on peut et doit donner à l’homme la partie humaine, mais que la partie divine on ne peut pas la donner à l’homme, on ne peut la donner qu’à Dieu. Par ces paroles il leur dit que si l’homme croit en la loi de Dieu, il n’exécutera la loi de César qu’autant qu’elle ne sera pas contraire à la loi divine. Pour les pharisiens qui ne connaissaient pas la vérité, il y avait cependant la loi de Dieu, qu’ils n’eussent pas enfreinte, même si la loi de César l’eût ordonné. Ils ne se seraient pas dispensés de la circoncision, de l’observance du sabbat, des jeûnes et de plusieurs autres prescriptions. Si César eût exigé d’eux de travailler le samedi, ils eussent dit : Pour César tous les jours, sauf le jour du Sabbat. La même chose s’il se fût agi de la circoncision ou d’autres prescriptions.

Par sa réponse Christ leur montrait que la loi de Dieu est au-dessus de la loi de César et que l’homme ne peut donner à César que ce qui n’est pas contraire à la loi de Dieu.