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mit sur son épaule ; puis il renoua sa ceinture et poursuivit sa route. Il fit encore cinq verstes. Il faisait chaud. Il regarda le soleil. Il était temps de déjeuner. « Voilà déjà un quartier de la journée ! pensa-t-il. Mais il y en a quatre dans la journée. Il n’est pas encore temps de retourner. Je vais seulement enlever mes bottes. »

Il s’assit, se déchaussa, attacha ses bottes derrière sa ceinture, et reprit son chemin. Il se sentait dispos et pensait : « Je vais faire encore cinq verstes et alors, je tournerai à gauche. Le terrain est trop bon ; plus je vais, meilleur il est ! »

Il continua à marcher tout droit. Il se retourna et vit à peine la colline. Les gens paraissaient noirs comme des fourmis. « Eh bien ! pensa Pakhom, il faut retourner de ce côté, j’en ai déjà pris assez. »

Pakhom se sentait tout en sueur et avait soif. Il prit sa bouteille et but en marchant. Il s’arrête pour mettre encore un jalon et tourne à gauche. Il marche, marche : l’herbe est haute et il fait très chaud.

Pakhom commençait à se fatiguer. Il regarde le soleil et voit qu’il est juste le temps de dîner. « Eh bien ! pensa-t-il, il faut se reposer ! »

Pakhom s’arrête, s’assied, mange un peu de pain, boit de l’eau, mais ne se couche pas : « Quand on se couche, pensa-t-il, on s’endort. » Il reste un moment assis, puis souffle et poursuit son chemin. Tout d’abord, il marche d’un pas léger : le