Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol19.djvu/405

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



VIII

Les Baschkirs se réunirent et partirent les uns à cheval, les autres en tarentass. Pakhom s’installa avec son ouvrier dans son tarentass ; ils emportèrent une pelle. On arriva dans la steppe. L’aurore commençait à poindre. On monta sur une petite colline (en baschkir, schikhan). Les Baschkirs descendirent de leurs tarentass, et se réunirent en un seul groupe. Le chef s’approcha de Pakhom, et, de la main montrant le pays, lui dit :

— Tout ce que tu vois nous appartient. Choisis la part qui te plaît le mieux.

Les yeux de Pakhom étincelèrent. Unie comme la paume de la main, noire comme les graines du pavot, la terre était couverte de stipe plumeuse, et dans les ravins, il y avait de l’herbe de différentes sortes, de l’herbe à hauteur de poitrine.