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II

Le paysan avait pour voisine une petite propriétaire, qui possédait cent vingt déciatines de terre. Elle vivait en bons termes avec les paysans, ne faisait de mal à personne ; mais elle prit pour régisseur un soldat retraité, qui se mit à accabler d’amendes les paysans. Malgré toutes les précautions que prenait Pakhom, tantôt c’était son cheval qui entrait dans l’avoine, tantôt une vache qui pénétrait dans le jardin, ou les veaux qui s’échappaient dans le pré. Et pour chaque délit, une amende.

Pakhom payait, jurait et frappait les siens. Tout cet été il eut beaucoup à souffrir du régisseur, aussi fut-il heureux quand revint le moment de rentrer le bétail, bien qu’il dût le nourrir ; mais du moins il n’avait plus peur. Dans le courant de l’hiver, le bruit se répandit que la propriétaire