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Mais le tzar indien avait entendu parler de Simon. Il imita ses transformations et même le surpassa. Non seulement il réunit tous les jeunes gens mais aussi toutes les femmes célibataires de son royaume, de sorte que son armée était plus nombreuse que celle de Simon. Il avait les mêmes fusils et les mêmes canons, et en outre, il trouva le moyen de voler dans l’air et de jeter d’en haut des bombes explosibles.

Ainsi Simon le Tzar s’en fut guerroyer contre le tzar indien, pensant le battre comme l’autre. Mais la faux coupe, coupe, et finit par buter. Le tzar indien ne laissa pas l’ennemi venir à sa portée. Il envoya des femmes voler au-dessus de l’armée de Simon, et la cribler de bombes explosibles. Les femmes se mirent donc à faire pleuvoir des bombes sur l’armée de Simon, comme la poudre sur les cafards. L’armée de Simon prit la fuite, le laissant tout seul. Le tzar indien s’empara du royaume de Simon le Guerrier, tandis que celui-ci fuyait où le menaient ses yeux.

Ayant ainsi terminé avec Simon, le vieux diable se rendit chez Tarass le Ventru. Il prit la forme d’un marchand, s’établit dans son royaume et s’adonna au trafic. Il payait largement chaque chose et l’on accourait en foule pour gagner de l’argent chez lui. On en gagna tant qu’on put payer l’arriéré des impôts et que les impôts courants furent payés régulièrement. Tarass le Tzar s’en réjouit. « Je dois