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qu’à cette petite izba, je boirai un coup, et te rattraperai bientôt.

— C’est bien.

Efim Tarassitch partit donc seul sur la route, pendant qu’Elisée se dirigeait vers l’izba.

Elisée s’approcha de l’izba. Elle était petite, en argile peinte, le bas en noir, le haut en blanc. L’argile s’effritait par endroits. Il y avait évidemment longtemps qu’on ne l’avait repeinte, et le toit était percé d’un côté. L’entrée de l’izba donnait sur la cour. Elisée entra dans la cour. Il vit, étendu le long de l’entrée, un homme sans barbe, maigre, la chemise dans son pantalon, à la manière petite-russienne. L’homme avait dû se coucher à l’ombre, mais le soleil dardait maintenant droit sur lui. Il était étendu et ne dormait pas. Elisée l’appela, lui demanda à boire ; pas de réponse.

« Il doit être malade, ou fort peu accueillant », pensa Elisée. Il se dirigea vers la porte. Il entendit deux voix d’enfants qui pleuraient dans l’izba. Il frappa avec l’anneau.

— Eh ! Patrons !

Personne ne bougea. Il frappa de nouveau avec son bâton :

— Eh ! Chrétiens ! Serviteurs de Dieu !

Pas de réponse. Elisée allait se retirer lorsqu’il entendit derrière la porte un gémissement.

« Il y a peut-être un malheur, là, derrière. Il faut voir. » Et Elisée revint vers l’izba.