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l’aime plus que tout au monde… Il ne m’appartient pas de la juger… Et il a l’air de tant l’aimer…

— Je t’en prie donne cela à laver si c’est possible… interrompit Daria Alexandrovna.

— C’est facile, nous avons des femmes exprès pour la petite lessive, et le gros linge se lave à la machine. Le comte lui-même s’occupe de tout… En voilà un mari…

Dolly fut contente de l’arrivée d’Anna qui mit fin aux bavardages d’Annouchka.

Anna était en robe de batiste très simple. Dolly examina attentivement cette robe simple. Elle savait ce que signifiait cette simplicité et ce qu’elle coûtait.

— Une vieille connaissance, dit Anna désignant Annouchka.

Anna n’était plus gênée ; elle paraissait tout à fait libre et tranquille. Dolly remarqua qu’elle était complètement remise de l’impression que lui avait causée son arrivée et qu’elle avait repris ce ton d’apparente indifférence avec laquelle paraissait se fermer cette partie de son âme où se tenaient ses sentiments et ses pensées.

— Et comment va ta fille, Anna ? lui demanda Dolly.

— Annie ? Elle va bien. Elle s’est très bien rétablie ici. Veux-tu la voir ? Je te la montrerai. Nous avons eu beaucoup d’ennuis avec les bonnes… Nous avions une nourrice italienne, très bonne