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XIX

Restée seule, Daria Alexandrovna examina sa chambre en femme qui connaît les choses. Jamais elle n’avait vu rien d’aussi luxueux que tout ce qui l’entourait depuis sa rencontre avec ses hôtes, et maintenant, dans sa chambre, tout cela produisait sur elle l’impression du confort et de l’élégance de ce nouveau luxe européen dont elle s’était fait une idée par la lecture des romans anglais, mais qui n’existaient nulle part, à la campagne, en Russie.

Tout était nouveau pour elle, à commencer par les papiers français jusqu’aux tapis dont toute la chambre était couverte ; le lit à sommier élastique avec les matelas et le traversin particulier, les taies de soie sur les petits oreillers, la table de toilette en marbre, la chaise longue, la table, la pendule de bronze sur la cheminée, les tentures, les portières, tout était neuf et cher.