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n’était-il pas tout à fait sincère en disant qu’il était peu probable qu’on y trouvât du gibier.

Arrivés devant le petit marais Lévine voulut passer outre, mais l’œil exercé d’Oblonskï ne laissait pas échapper un bon endroit.

— Si nous nous arrêtions là ? dit-il désignant le marais.

— Oui, arrêtons-nous, Lévine, ce doit être bien, demanda aussi Vassenka Veslovski.

Lévine dut s’y résigner. À peine étaient-ils descendus de voiture que les chiens se dépassant l’un l’autre s’élancèrent dans le marais.

« Crac ! Laska ! » Les chiens revinrent près de leurs maîtres.

— À trois ce sera trop étroit, je resterai ici, dit Lévine espérant qu’ils ne trouveraient que quelques cailles qui, effrayées par les chiens, voletaient au-dessus du marais en poussant des cris plaintifs.

— Non, Lévine, allons ensemble ! pria Veslovski.

— Vraiment c’est trop étroit. Laska ! ici ! Vous n’avez pas besoin de deux chiens.

Lévine resté près du break regardait avec envie les chasseurs. Ceux-ci explorèrent tout le marais, et sauf une poule d’eau et des vanneaux, dont un fut tué par Veslovski, ils n’y trouvèrent rien.

— Vous voyez que j’avais raison : c’est du temps perdu, pas plus.

— C’est tout de même amusant. Avez-vous vu comme j’ai bien tiré ? dit Vassenka Veslovski grim-