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était retourné près de sa femme pour lui demander encore une fois si elle lui avait pardonné sa sottise de la veille et pour la supplier d’être prudente, de se tenir loin des enfants qui pourraient la pousser. Elle fut encore obligée de jurer qu’elle ne lui en voulait pas de s’absenter pour deux jours et dut promettre de lui envoyer le lendemain matin un billet, ne serait-ce que deux mots, afin de l’informer de sa santé.

Kitty, comme toujours, était mécontente de cette séparation de deux jours, mais voyant l’entrain et l’animation de son mari, qui lui paraissait particulièrement grand et fort avec ses grandes bottes de chasse et sa blouse blanche, elle oublia sa tristesse et lui dit gaîment au revoir.

— Excusez-moi, messieurs ! dit Lévine en se montrant sur le perron. As-tu mis le déjeuner dans la voiture ? Pourquoi as-tu attelé ce cheval roux à droite ? Enfin, qu’importe ! Laska, va-t’en ! — Laisse-le avec le jeune troupeau, répondit-il à un garçon de ferme qui l’attendait près du perron pour le consulter au sujet d’un bélier. — Pardon, voilà encore un brigand qui m’attend.

Lévine descendit du break où il était déjà installé pour s’expliquer avec le charpentier qui s’avançait, une sagène à la main.

— Voilà, tu n’es pas venu hier au bureau et maintenant tu vas me retarder ! Eh bien, qu’y a-t-il ?