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XXXII

Quand Vronskï rentra à l’hôtel, Anna n’était pas là. On lui dit que peu après son départ une dame était venue et qu’elles étaient sorties ensemble. Cette façon de s’absenter sans dire où elle allait et de n’être pas encore rentrée, cette sortie du matin, dont il ne connaissait pas le but, tout cela joint à son air agité, au ton dur dont elle lui avait retiré les photographies de son fils devant Iachvine, fit réfléchir Vronskï.

Il décida qu’une explication était nécessaire et il attendit Anna au salon. Elle ne rentra pas seule. Elle amenait une de ses tantes, une vieille fille, la princesse Oblonskï, qui était venue le matin et avec qui elle était allée faire des emplettes. Sans remarquer l’air anxieux et interrogateur de Vronskï, Anna se mit à raconter gaîment ce qu’elle avait acheté dans la matinée. Vronskï voyait qu’il se passait en elle