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Dieu, afin que dans sa bonté, il vous aide et vous pardonne, conclut-il : « Notre Seigneur Dieu, Jésus-Christ, dans ta bonté et ta magnanimité, par ton amour pour l’humanité, pardonne à cet enfant… » Et le prêtre, terminant les formules de l’absolution, le bénit et le congédia.

Ce jour-là, en rentrant chez lui, Lévine se sentit heureux d’être sorti de sa situation fausse sans avoir été obligé de mentir. En outre, il lui restait l’impression que ce bon et charmant vieillard n’avait pas dit des choses aussi sottes qu’il lui semblait tout d’abord ; et certaines mêmes méritaient d’être approfondies. « Sans doute, pas maintenant, pensait Lévine, mais plus tard. »

En ce moment Lévine sentait qu’il y avait en son âme des points obscurs, et que, sous le rapport religieux, il se trouvait dans ce même état qu’il remarquait si clairement chez les autres ; état qu’il déplorait et qu’il reprochait à son ami Sviageski.

Lévine passa la soirée avec sa fiancée, chez Dolly, et fut très gai : et pour expliquer à Stepan Arkadiévitch l’état de surexcitation dans lequel il se trouvait, il lui dit qu’il se sentait gai comme un chien auquel on aurait appris à sauter au travers d’un cerceau, et qui, ayant enfin compris ce qu’on exigeait de lui, pousserait des cris, agiterait la queue, et dans sa joie sauterait sur la table et sur la fenêtre.