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mence… pensa-t-il, écoutant les prières. Mais si, c’est la fin… Le voilà qui salue jusqu’à terre, C’est toujours ainsi que cela se termine. »

Le diacre reçut le billet de trois roubles qu’on lui glissait discrètement dans la main, puis disant à Lévine qu’il allait l’inscrire, il disparut derrière l’autel en faisant claquer ses chaussures neuves sur les dalles de l’église déserte. Une minute après il reparut et invita Lévine à le suivre. Une pensée qu’il s’était efforcé jusqu’alors de refouler obsédait de nouveau Lévine, mais il se hâta de la chasser. « Cela s’arrangera d’une façon quelconque, » pensa-t-il ; et il se dirigea vers l’autel. Il gravit les marches, et, tournant à droite, aperçut le prêtre. C’était un vieillard dont la barbe rare était presque toute blanche ; son regard était doux, mais fatigué. Debout devant le lutrin, il feuilletait un missel. Il salua légèrement Lévine et aussitôt, d’une voix lasse et monotone, se mit à lire les prières. Quand il eut fini, il s’inclina très bas, puis se tournant vers Lévine :

— Le Christ assiste, invisible, à votre confession, dit-il en désignant le crucifix. Croyez-vous en tout ce que nous enseigne la sainte Église apostolique ? continua le prêtre. Et détournant les yeux du visage de Lévine, il mit sa main sous l’étole.

— J’ai douté et je doute de tout — prononça Lévine d’une voix dont le timbre sonna désagréablement à ses propres oreilles ; puis il se tut.