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mal et leur action sur une jeune génération n’est le plus souvent qu’un obstacle au développement de la nouvelle conscience de notre génération, conscience non encore élaborée, mais qui s’élabore dans la génération suivante : c’est un obstacle et non une aide à l’instruction.

Nous sommes convaincu que l’instruction, comme l’histoire, n’a pas de but final. L’instruction, au sens le plus général, qui embrasse aussi l’éducation, est selon nous, cette activité de l’homme qui a pour base le besoin de l’égalité et la loi immuable de son mouvement en avant. Une mère apprend à parler à son enfant uniquement pour qu’elle et lui se comprennent mutuellement. La mère, par instinct, s’efforce de se mettre au niveau des idées de l’enfant, de sa langue, mais la loi du mouvement en avant de l’instruction ne lui permet pas de s’abaisser jusqu’à lui, mais de forcer l’enfant, au contraire, à s’élever jusqu’à elle. Le même rapport existe entre l’écrivain et le lecteur, entre l’école et l’élève, entre le gouvernement, la société et le peuple.

L’activité de celui qui instruit a le même but. Le but de la pédagogie n’est que l’étude des conditions de concordance de ces deux aspirations vers le même but commun et l’indication des conditions qui empêchent cette concordance. La pédagogie, grâce à cela, devient pour nous, d’une part, plus facile, elle est débarrassée des questions : Quel est le