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remplacer par des chiffres. En outre, pour expliquer les intervalles et les changements de tons, les chiffres sont plus commodes. Au bout de six leçons quelques-uns pouvaient déjà prendre les intervalles en s’imaginant la gamme. Les exercices de quarte do fa ré sol, etc., en montant et en descendant, plaisaient particulièrement ; fa surtout les frappait tous par sa force.

— « Comme il est fort, ce fa, disait Siemka, il tranche ! »

Les natures non musiciennes désertaient les classes de musique qui duraient souvent de trois à quatre heures. J’ai essayé de donner une idée de la mesure d’après la méthode admise, mais c’était si difficile que je dus séparer la mesure de la mélodie, et, après avoir écrit les sons sans mesure, les analyser, puis, après avoir écrit la mesure sans les sons, en frappant, analyser la mesure seule et enfin unir les deux ensemble.

Après quelques leçons, m’étant rendu compte de ce que je faisais, je me convainquis que ma méthode d’enseignement était presque celle de Chevet que j’avais vue en pratique à Paris et n’avais pas acceptée parce que c’était une méthode. On ne saurait trop recommander à ceux qui s’occupent de l’enseignement du chant cette œuvre dont la couverture porte en gros caractères : repoussé à l’unanimité et qui, maintenant, se vend par dizaines de mille exemplaires dans toute l’Europe. J’ai vu à