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et comment, nous n’avons rien trouvé sauf des opinions et des institutions des plus diverses qui rendaient ce critérium d’autant plus impossible que l’humanité s’avançait dans sa marche progressive. En cherchant ce critérium dans l’histoire de l’instruction, nous nous sommes convaincu de ce fait que pour nous, Russes, les écoles qui s’établirent historiquement ne peuvent nous servir de modèles, et de plus, que ces écoles, à chaque pas en avant, sont de plus en plus inférieures au niveau général de l’instruction ; que, par conséquent, leur caractère obligatoire devient de plus en plus illégal, et enfin, qu’en Europe, l’instruction elle-même, comme l’eau qui sourd, choisissant une autre voie, a passé devant les écoles et s’est infiltrée dans les réservoirs de l’instruction par la vie.

Nous, Russes, que devons-nous donc faire actuellement ? Faut-il que nous tombions tous d’accord et adoptions l’opinion française, allemande ou américaine sur l’instruction et une de leurs méthodes ? Ou, nous cantonnant dans la philosophie et la psychologie, devons-nous découvrir ce qu’il faut, en général, pour développer l’âme humaine, et préparer, parmi les jeunes générations, les meilleurs hommes, selon nos conceptions ? Ou profiter de l’expérience de l’histoire, non en imitant les formes élaborées par celle-ci, mais en comprenant les lois que l’humanité a élaborées par des souffrances, et dire loyalement que nous ignorons et ne