Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/429

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


aussi un autre songe : onze étoiles au ciel, et le soleil et la lune saluaient mon étoile. » Et la mère et le père dirent : « Est-ce que nous nous inclinerons devant toi ? »

Les frères partirent au loin pour faire paître les bestiaux. Bientôt après, le père envoya Joseph porter la nourriture à ses frères. Ses frères l’ayant aperçu dirent : « Voici notre songeur. Mettons-le dans le puits. » Et Ruben pensa : « Quand ils seront partis, je le tirerai de là. » Des marchands passaient devant lui. Ruben dit : « Vendons-le aux marchands égyptiens. » Ils vendirent Joseph, et les marchands le revendirent à un courtisan, Putiphar. Putiphar l’aimait, et la femme de Putiphar l’aimait aussi. Putiphar partit en voyage et sa femme dit à Joseph : « Joseph, tuons mon mari et je me marierai avec toi. » Joseph lui répondit : « Si tu me fais la même proposition encore une fois, je raconterai tout à ton mari. » Elle le retint par son habit et se mit à crier. Les domestiques ont entendu et sont accourus. Ensuite Putiphar est revenu. Sa femme lui raconta que Joseph avait voulu le tuer pour l’épouser. Putiphar fit mettre Joseph en prison. Comme Joseph était un brave garçon, il fit valoir ses services et on le chargea de surveiller la prison. « Un jour, Joseph, en se promenant dans la prison, vit deux prisonniers qui étaient tristes. Joseph s’approcha d’eux et dit : « Pourquoi êtes-vous tristes ? » Ils dirent : « Nous avons eu deux songes pen-