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l’institution de l’école. 2o Plus nous vivons, plus les écoles deviennent pires, en ce sens qu’elles sont de plus en plus éloignées du niveau de l’instruction qu’a atteint la société. L’école, c’est une de ces parties organiques de l’État qui ne peuvent être examinées et appréciées isolément, parce que leur valeur ne consiste que dans leur harmonie plus ou moins grande avec les autres parties de l’État.

L’école n’est bonne que quand elle est conforme aux lois fondamentales réglant la vie du peuple. Une école qui sera admirable pour un village russe des steppes, qui satisfera à tous les besoins de ses élèves, sera très mauvaise pour un Parisien, et la meilleure école du dix-septième siècle serait la plus mauvaise en notre temps. Au contraire, la plus mauvaise école du moyen âge valait mieux, en son temps, que la meilleure école d’à présent, car elle correspondait mieux à son époque et était au niveau de l’instruction générale, si même elle ne lui était supérieure, tandis que notre école lui est toujours inférieure. Si le but de l’école, en acceptant la définition la plus générale, consiste dans la transmission de tout ce qui est élaboré et reconnu par le peuple et dans la réponse aux questions que la vie pose à l’homme, alors, sans aucun doute, dans l’école du moyen âge les traditions étaient plus limitées, les questions que la vie posait étaient résolues plus facilement, et le but de l’école était