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tivité de l’instruction cesse immédiatement. Il semble inutile de prouver cette vérité qui peut être contrôlée dans de nombreux cas de l’instruction.

De ces observations et considérations nous concluons que l’activité de l’instruction, examinée seulement du côté de celui qui s’instruit, a pour base l’aspiration de l’élève à égaliser ses connaissances avec celles de son maître. Cette vérité est prouvée par cette simple observation qu’aussitôt l’égalité atteinte, immédiatement cesse l’activité elle-même, et par cette autre observation plus simple, que dans toute instruction l’on remarque cette atteinte du degré plus ou moins grand de l’égalité. L’instruction bonne ou mauvaise, toujours et partout, dans tout le genre humain, ne se définit que par la rapidité ou la lenteur de l’élève à atteindre le niveau du maître.

Plus est lente la marche vers cette égalité, plus l’enseignement est mauvais ; plus elle est rapide, meilleur il est.

Cette vérité est si simple et si évidente qu’il n’est point besoin de la prouver. Mais il est nécessaire de prouver pourquoi cette vérité simple ne vient en tête à personne, n’est exprimée par personne, et si elle l’est, ne rencontre que colère. Voici pourquoi :

Outre la base principale de chaque instruction qui découle de l’essence même de l’activité de l’instruction — l’aspiration à l’égalité des connaissances —