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connaissais très bien l’histoire russe. En outre, le même professeur m’a donné la note 1 en allemand, et je savais l’allemand incomparablement mieux que tous les autres étudiants de notre cours. L’année suivante j’obtins la note 5 en histoire russe, parce que, ayant eu une discussion avec un de mes camarades pour décider qui de nous avait une meilleure mémoire, nous avions appris par cœur chacun une question et qu’à l’examen, j’ai tiré juste cette question. Je me souviens que c’était la biographie de Mazeppa. C’était en 1845. En 1848, j’ai passé l’examen de la licence à l’université de Pétersbourg. Je ne savais rien et j’ai commencé à me préparer une semaine avant l’examen, sans dormir de la nuit, et j’ai reçu toutes les notes suffisantes pour la licence de droit civil et criminel sans avoir étudié chaque sujet plus d’une semaine. Et je sais qu’en l’année 1862, les étudiants de quatrième année ont fabriqué de faux billets et qu’un professeur a donné à un étudiant la note 3 au lieu de 5 parce qu’il s’était permis de sourire. Le professeur lui fit cette remarque : C’est moi qui peux sourire et non vous. Et il lui mit trois.

J’espère que personne ne croira que les cas cités sont des exceptions. Quiconque connaît les universités sait que ces cas sont la règle et non l’exception et qu’il n’en peut être autrement. Et si quelqu’un en doute, nous pouvons citer des milliers de faits. Nous trouverons pour l’attester même des noms