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la société seraient très reconnaissantes. Pourquoi donc ne publient-ils pas leurs cours ?

Je désirerais expliquer cela par l’indifférence à l’endroit du succès littéraire mais, malheureusement, je vois que ces mêmes pontifes de la science ne se refusent pas d’imprimer un petit article politique, qui, parfois, n’a aucun rapport avec leur science. Je crains que le mystère de l’enseignement universitaire ne provienne de ce que, sur cent cours qui seraient imprimés, quatre-vingt-dix ne pourraient supporter même notre critique littéraire si peu développée. Pourquoi faut-il absolument faire son cours et ne pas mettre entre les mains des étudiants un bon livre, de soi ou d’un étranger, un, deux ou dix bons livres ?

Ce fait que le professeur de l’université doit absolument faire son cours tient au dogme de la pratique universitaire auquel je ne crois pas et dont il est impossible de prouver la nécessité.

« La transmission orale se grave mieux dans les esprits », me dira-t-on. Tout cela est inexact. Je connais plusieurs personnes, qui, comme moi, ne font pas une exception mais entrent dans la règle générale, qui ne comprennent rien à la transmission orale et ne comprennent bien qu’en lisant tranquillement un livre à la maison. La transmission verbale n’aurait d’importance que si les étudiants avaient le droit de discuter, si la conférence était une causerie et non une leçon. C’est seulement alors