Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol13.djvu/172

Cette page a été validée par deux contributeurs.


unième siècle aussi étranges et inutiles que nous paraissent maintenant les écoles du moyen-âge ? Et pourtant, il est si facile d’arriver à cette simple conclusion que si, dans l’histoire des sciences humaines, on ne trouve pas de vérités absolues mais les mêmes fautes remplacées sans cesse par d’autres, alors comment peut-on forcer la jeunesse à acquérir ce savoir qui, assurément, lui paraîtra erroné ? On dit et on dira : « S’il en a toujours été ainsi, que nous importe !… Ce doit être encore. » Je ne vois pas cela. Si les hommes se sont toujours entre-tués, il n’en résulte nullement qu’il en doive être toujours ainsi et qu’il faille ériger le meurtre en principe, surtout si l’on trouve les causes du meurtre et si l’on établit la possibilité de les écarter. Et, principalement, pourquoi vous, qui reconnaissez le droit général, humain, de donner l’éducation, blâmez-vous l’éducation mauvaise ? Le père blâme le lycée où il envoie son fils, le religieux blâme les universités, le gouvernement blâme, la société blâme. Il faut reconnaître ce droit à chacun ou ne le reconnaître à personne. Je ne vois pas de milieu. La science doit décider la question : avons-nous ou non le droit d’éducation ?

Pourquoi ne pas dire la vérité ? L’université n’aime pas l’éducation congréganiste et dit qu’il n’y a rien de pire que les séminaires ; les congréganistes n’aiment pas l’instruction universitaire et disent qu’il n’y a rien de pire que les universités, qu’elles