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historiens spéciaux de l’instruction publique qui jugent d’après les données officielles. En France, les hommes d’État sérieux proposent, encore maintenant, d’introduire dans la loi l’obligation scolaire comme unique moyen de vaincre l’opposition du peuple. Dans la libre Angleterre, où ne pouvait germer l’idée d’une pareille loi, — ce que plusieurs regrettent beaucoup, — ce n’est pas le gouvernement mais la société qui lutte par tous les moyens possibles contre l’opposition du peuple à l’égard des écoles, opposition qui se manifeste plus fortement que jamais. Les écoles sont fondées là-bas, d’une part par le gouvernement, de l’autre par des sociétés privées. La multiplication considérable et l’activité de ces sociétés religieuses et philanthropiques, en Angleterre, prouvent mieux que tout, la force de l’opposition que rencontre cette partie du peuple qui veut instruire l’autre. Même un État nouveau, les États-Unis d’Amérique, n’a pas été exempt de cette difficulté et a rendu l’instruction demi-obligatoire. Que dire de notre patrie où le peuple, en général, est encore tout à fait hostile à l’idée de l’école, où les hommes les plus instruits rêvent d’introduire la loi allemande sur l’instruction obligatoire et où toutes les écoles, même pour les classes supérieures, n’existent que par l’attrait des grades et des privilèges qui en découlent. Jusqu’ici, partout, presque par force, on oblige les enfants d’aller à l’école et par la sévérité