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LE


LIVRE DES SNOBS.


ENTRÉE EN MATIÈRE.


Nécessité d’un ouvrage sur les Snobs, tirée de l’histoire et prouvée par d’illustres exemples. — Comme quoi mon étoile me prédestinait à écrire cet ouvrage. — Je fais l’annonce de ma vocation à grand renfort d’éloquence. — Je prouve que le monde s’est préparé graduellement pour l’œuvre et pour l’ouvrier. — Les Snobs méritent d’être étudiés comme tout autre sujet d’histoire naturelle ; ils ont leur part dans le Beau (avec majuscule), ils se sont infiltrés dans toutes les classes de la société, — Exemple frappant du colonel Snobley.


Nous avons rencontré quelque part cette proposition… Qu’on me permette toutefois de douter de la manière la plus complète de son exactitude : sur quelles bases, en effet, repose-t-elle ? Nous avons tous, plus ou moins, je le répète, été à même de recueillir cette phrase qui court les livres, que si par suite des événements et des nécessités sociales le besoin d’un homme se fait sentir, on voit surgir cet homme à point nommé. Ainsi, à la révolution française, que le lecteur sera sans doute charmé de voir figurer à la première page de ce livre, dès qu’il devint nécessaire d’administrer à la nation une médecine capable de faire revenir un mort, elle trouva Robespierre, médecine, il est vrai, bien noire et bien rebutante, mais qui, avalée avec