Page:Thackeray - Le Livre des snobs.djvu/31

Cette page n’a pas encore été corrigée



le charge. Aussi longtemps qu’on laissera subsister ces incroyables monstruosités de l’étiquette, aussi longtemps il y aura des Snobs, car les trois personnes qui jouent chacune leur rôle dans la scène que nous venons de rapporter, sont, quoi qu’on puisse dire, des Snobs.

1° Le garde est le moins Snob des trois, car il ne fait que s’acquitter d’un devoir quotidien ; mais il agit ici en Snob, parce qu’il se trouve dans un état avilissant par rapport à une autre créature humaine, le prince, avec lequel il ne communique que par intermédiaire. Un garde-chasse portugais et libre, qui se déclare lui-même indigne de communiquer directement avec une autre personne , est Snob de son propre aveu.

2° Le noble seigneur au service du prince est Snob, Si nous admettons qu’il soit dégradant pour le prince de recevoir le fusil des mains d’un garde-chasse, il n’est pas moins dégradant pour un noble seigneur au service d’un prince de remplir cette charge ; il se conduit en Snob à l'égard du garde-chasse , qu’il empêche de communiquer avec le prince ; en Snob à l’égard du prince, auquel il rend-un avilissant hommage.

3° Le royal époux du Portugal n’est pas moins Snob que les deux-autres, lorsqu’il ne craint pas de traiter avec ce mépris les gens de sa suite. Il n’y a pas de mal à accepter directement le service d’un garde-chasse ; mais employer un intermédiaire, c’est donner, un caractère avilissant aux services rendus, et faire insulte aux deux serviteurs qui le rendent. En conséquence, je déclare, avec tout le respect qui est dû à la personne royale du prince, que c’est un Snob, à n’en point douter.

Voilà l’histoire ; voici maintenant le récit que vous pouvez lire dans le Diario do Goberno : « Hier, S. M. le prince royal est allé chasser dans le bois de Cintra, accompagné du colonel Whiskerando Sombrero. Sa Majesté est retournée aux Necessitades pour l’heure de la collation, à... etc., etc. »

Oh ! nouvelles de cour ! nouvelles de cour ! Au feu, au Jeu, les nouvelles de cour ! C’est de cette source impure que