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hésitation. Ayant donc mis dans sa tête que, si miss Sedley n’épousait pas George Osborne, elle en mourrait de douleur, il résolut de mettre tout en œuvre pour la conserver à la vie.

Nous n’entrerons point dans des détails trop minutieux sur l’entretien de George Osborne et d’Amélia, lorsque le jeune capitaine fut ramené aux pieds, ou pour mieux dire dans les bras de sa jeune maîtresse, grâce à l’amicale intervention de l’honnête William. Un cœur même plus dur que celui de George n’aurait pu résister à la vue de cette douce figure si douloureusement ravagée par le chagrin et le désespoir, à ces simples et tendres accents avec lesquels elle lui retraçait l’histoire de ses peines. Les forces ne lui avaient point manqué lorsque sa mère avait conduit Osborne auprès d’elle ; elle avait seulement soulagé l’excès de sa tristesse en reposant sa tête sur l’épaule de son amant et en y versant des larmes tendres, abondantes et douces. Aussi la vieille mistress Sedley, toute joyeuse de cette scène, voulut assurer à ces jeunes amants les joies et le mystère d’un entretien secret. Elle laissa Emmy, qui couvrait les mains de George de larmes et de baisers, comme celles de son maître et seigneur, et semblait réclamer son indulgence et son pardon, comme si elle se fût rendue par ses crimes indigne de ses bontés.

Cette tendre et humble soumission pénétrait George Osborne d’une douce et flatteuse émotion. Il trouvait une esclave prosternée et obéissante dans cette simple et fidèle créature, et le sentiment de sa toute-puissance faisait tressaillir agréablement son âme. Monarque souverain, il se sentait enclin à la générosité, et daignait relever cette Esther agenouillée pour lui faire prendre place à ses côtés sur le trône. En outre, cette suave et mélancolique beauté avait pour lui autant de charme que ces marques de soumission. En conséquence, il rassura, encouragea la pauvre petite, et lui pardonna pour ainsi dire.

Quant à elle, ses espérances, ses pensées, qui s’étaient flétries à l’ombre en l’absence de leur soleil, retrouvèrent leur fraîcheur et leur sève, grâce au retour de l’astre tout-puissant. Dans cette petite figure rayonnante qui s’épanouissait désormais sur l’oreiller d’Amélia, vous n’auriez pas reconnu celle qui était si pale, si défaite, si indifférente à tout ce qui l’environnait. L’honnête Irlandaise se réjouissait du changement, et demandait à déposer un baiser sur cette figure qui avait