Page:Textes choisis (Leonardo da Vinci, transl. Péladan, 1907).djvu/68

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47. — Tout mal laisse du déplaisir dans le souvenir, le salut n’est autre que le suprême mal, savoir la mort qui abolit le souvenir avec la vie. (ASH. I. 33, r.)

48. — On verra toujours sur la terre des animaux qui combattent entre eux, avec les plus grands dommages et souvent la mort pour chaque parti.

Leur malignité n’a pas de bornes ; leurs bras sauvages jettent à terre les plus grands arbres des forêts de l’univers ; et pour avoir leur nourriture, l’aliment de leurs désirs, ils déchaîneront la mort, les peines, les douleurs, les guerres et la dévastation sur toute chose vivante. Dans leur prodigieux orgueil ils se lèveraient contre le ciel, si le poids trop fort de leurs membres ne les maintenait sur la terre. Rien, ni sur la terre, ni dessous, ni dans l’eau, qui ne soit poursuivi, dérangé, abîmé par eux ; ils passent d’un pays à l’autre et le corps de cette engeance devient la sépulture et le passage de tous les corps d’animaux morts.

Ô monde, comment ne t’ouvres-tu pas, pour précipiter dans les plus grands trous de tes abîmes et gouffres et ne plus montrer à la lumière, un monstre si cruel et si impitoyable ? (C. A. 362.)