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Page:Taxil, Révélations complètes sur la franc-maçonnerie, Les frères Trois-Points, 1886, tome 2.djvu/434

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occupe le pouvoir, c’est toujours la Franc-Maçonnerie qui est souveraine.


§ IV

Comment on se débarrasse des gêneurs.

Tous les hommes qui se laissent enrôler dans la Confrérie Trois-Points ne sont pas des tempéraments dociles, disposés à cette soumission absolue que préconise le Vénérable à la séance d’initiation. Pendant le passage aux grades symboliques, se révèlent les récalcitrants. Mais si l’Ordre, pour faire sa pêche, donne largement un coup de filet, il s’empresse, une fois le poisson pris, d’effectuer un choix minutieux.

Les indépendants sont les gêneurs, et l’on s’en débarrasse.

Il suffit de lire attentivement, dans les Règlements généraux, les chapitres intitulés : Dispositions Judiciaires, pour se rendre compte du mécanisme de l’élimination.

Une plainte anonyme est déposée dans le sac des propositions, et voilà un Frère traduit devant le Comité Secret d’Enquête. Je dis : anonyme, et je maintiens le mot. Les Statuts, il est vrai, déclarent que toute plainte doit être signée ; mais ils ajoutent que le Vénérable et les cinq membres du Comité Secret ne doivent jamais révéler le nom du signataire : pour l’accusé et pour la Loge, c’est donc une plainte anonyme.

Suivez, dans ces Statuts draconiens, la marche de la procédure. L’accusé, sans conseil, sans défense pendant l’instruction, n’est jamais confronté avec son accusateur, avec aucun témoin du fait dont on l’accuse. L’accusateur est entendu séparément ; il a pour lui cet avantage formidable, le secret assuré à la calomnie qu’il distille : s’il voit qu’il est allé trop loin et qu’il ne