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Page:Talmeyr - La franc-maçonnerie et la révolution française.djvu/92

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LA FRANC-MAÇONNERIE

ici loin des profanes, nous considérons à quel point le monde est livré aux méchants, combien les persécutions, le malheur, sont le partage de l’honnête homme, à ce spectacle, pourrions-nous donc nous taire, nous contenter de soupirer ? Ne chercherions-nous pas à secouer le joug ? — Non, frère, reposez-vous en nous. Cherchez des coopérateurs fidèles, non pas dans le tumulte et les orages ; ils sont cachés dans les ténèbres. Protégés par les ombres de la nuit, c’est là que solitaires, silencieux ou rassemblés en cercles peu nombreux, enfants dociles, ils poursuivent le Grand Œuvre sous la conduite de leur chef !

«… Mais, dans ce grand projet, les Prêtres et les Princes nous résistent ; nous avons contre nous les constitutions politiques des peuples. Que faire en cet état de choses ?… Il faut insensiblement lier les mains aux protecteurs du désordre et les gouverner sans paraître les dominer. En un mot, il faut établir un régime dominateur universel… Autour des Puissances de la terre il faut rassembler une légion d’hommes infatigables, et dirigeant partout leurs travaux, suivant le plan de l’Ordre, pour le bonheur de l’humanité… Mais tout cela doit se faire en silence ; nos Frères doivent se soutenir mutuellement, secourir les bons dans l’oppression, et chercher à gagner toutes les places qui donnent de la puissance, pour le bien de la chose… Vous voyez, frères, un vaste champ s’ouvrir à votre activité. Rendez-vous notre digne coopérateur, en nous secondant de toutes vos forces. Il n’est point avec nous de travaux sans récompense…

«… Mais enfin sais-tu même ce que c’est que les sociétés secrètes, quelles places elles tiennent, et quel rôle elles jouent dans les événements de